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Margaux Simone, platine et pop

April 20, 2018

« Pop et toujours Queen, mais plus que blonde, platine. »

 

Cette accroche aux effluves hollywoodienne résume à elle seule « Platine », le très pop et très réussi EP de Margaux Simone. Le concept de la blondeur, plutôt cinématographique, n’avait jusqu’à présent pas fait d’éclats dans la pop française. A part le « Qu’est ce qui pleurer les blondes » de  Sylvie Vartan ou le « Blonde » d’Alizée, peu de chanteuses pop ont fait de cette astuce une matrice musicale efficace : « J’avais envie d’incarner avec cet EP un personnage cinématographique. J’ai découvert, entre mon premier disque sorti en 2010 et cet EP, beaucoup de chanteuses de jazz des années 50/60, Etta James, Nina Simone, Dinah Washington... Ces chanteuses m’ont aussi fait rentrer dans l’univers de l’effeuillage, du burlesque. Et puis les films de Billy Wilder, Marylin Monroe, Veronica Lake et les livres de la Lost Generation, les Fitzgerald, Hemingway m’ont donné envie de raconter tout ça. J’ai commencé par les cheveux, qui sont devenus mon habit de guerre pour incarner toutes ces influences. »

Déroulant au fil de ces 5 titres un chemin mi-glam, mi-cliché qui aurait pu rebuter, c’était sans compter sur le charme persistant des mélodies de Margaux Simone et de ses acolytes (Joseph D’Anvers, François Welgryn, Philippe Bruguière et Lionel Buzac). Mais sous le vernis hollywoodien, qu’est ce que ces chansons racontent de la chanteuse ? « Je pars toujours d’un sentiment personnel ou des gens que je rencontre. Mais à travers ce décorum de l’âge d’or hollywoodien, je parle de choses intimes. Par exemple dans « Bikini Queen Icon », je parle vraiment de mes copains avec qui je sortais en club gay pendant mes études et tous les personnages de la nuit, les travestis avec qui je m’amusais et qui m’ont beaucoup marquée. Au final c’est une chanson sur l’amitié pour moi.»

 

 

Autre influence de Margaux Simone, qui en disciple frenchy de Lana Del Rey enfonce le clou Lynchien, jusqu’à célébrer dans « Mullholand » la fameuse route parsemé de blondes héroïnes du maître vénéré : « C’est une chanson qui parle du fantasme, du rêve. Tout comme « Casino » qui raconte une histoire d’amour à travers les Etats-Unis, comme une fugue amoureuse qui s’échoue à Las Vegas »

 

Même le retour à la France qui arrive à la fin du disque avec le titre « Charleston » est vu par le prisme de Hemingway ou de Joséphine Baker : « C’est ce qui m’a touché dans les œuvres et les artistes de cette époque, disons des années 30 aux années 50, qui sont venus en France et à Paris. Leurs œuvres sont intrinsèquement liées à Paris, aux cabarets.  J’ai fait le retour inverse en forgeant ma culture littéraire, cinématographique à travers les artistes américains, mais je suis française et j’avais envie de leur rendre hommage pour tout ça. »

 

 

Mais de quelle blonde pop Margaux Simone se sent t’elle la plus proche ? Madonna ou Sylvie Vartan ? « Peut être une synthèse des deux. Il y a une influence très américaine dans ma musique, mais je crois que les textes sont très français. Je me suis amusée dans les titres à avoir des références communes aux deux langues. »

 

Les arrangements, mélange de beats hip hop très en avant, de cordes et de synthés langoureux, ont le mérite de ne pas emmener les chansons vers un style eighties mais plutôt vers l’électro pop d’une Robyn. Le timbre sucré mais très sensuel de Margaux et les mélodies très entêtantes nous emmènent dans un tunnel de tubes pop, à écouter en voiture dans un road trip entre Hollywood Drive et Palavas Les Flots.

 

 SOUS INFLUENCES DIVINES

 

 

«  David Bowie est l’une de mes influences majeures. Pour ses chansons bien évidemment mais aussi pour les styles et les looks qu’il a eu en fonction des époques. Et le blond platine est aussi une référence à lui. Nina Simone également. J’ai un peu choisi mon nom à cause d’elle.

Marylin Monroe est comme une personne avec qui j’aurais grandi. Il y avait chez mes parents le DVD de « Niagara ». Je n’ai rien compris au film, mais elle m’a scotchée. C’est inexplicable. Elle avait une sensibilité qui a touché mon âme d’enfant. Et puis David Lynch pour le côté mystérieux et onirique. J’aime les artistes qui ne sont pas lisibles au premier abord. Et je dirais les Fitzgerald, Zelda et Francis Scott. Le point de départ de mon projet est « Gatsby » et « Accordez-moi cette valse ».

J’adore les images d’Ellen Von Unwerth, qui s’inspirent aussi de cette époque, son noir et blanc. Et David La Chapelle et Dalí pour leur côté pop et décadent. »

 

Margaux Simone, EP "Platine" disponible

En concert au Bus Palladium, Paris, le 27 avril.

 

 

 

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