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SAM SAUVAGE, BOY NEXT DOOR POP

  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture


Depuis une paire d’années, Sam Sauvage est peut être le Boy next Door que la pop française attendait. Charmant, simple, attachant, drôle et vif, le monsieur écrit des chansons à l’énergie communicative, ce qui lui a valu de passer du statut d’espoir couronné par une Victoire de la musique, à tête d’affiche de Festivals d’été et qui verra un Olympia couronner sa course de fond pop à la fin de l’année. Nous l’avons rencontré par une chaleur accablante lors de sa halte aux Francofolies de La Rochelle où il foulait la Grande Scène en tête d’affiche seulement un an après avoir été la révélation du chantier des Francos l’an dernier. Prise de poul du chanteur à mi-parcours de son ascension pop.


J’ai l’impression, mais peut être que je me trompe, que les carrières vont très vite en ce moment. En gros, on passe en quelques mois d’un premier EP à la tête d’affiche d’un gros festival. Est-ce que tu le ressens aussi, toi qui est passé du Chantier des Francos il y a un an à une tournée des festivals, en ayant gagné au passage une victoire de la musique ?

C’est vrai que c’est ce que j’ai vécu ces deux dernières années, mais pour le mieux. Si le public est là, qu’il nous a trouvé, c’est tout ce qu’on cherche. Après, moi ça fait 10 ans que j’ai démarré, que je fais de la musique. J’ai fait des concerts dans la rue, dans des bars, dans des restos, donc ça n’avait rien de rapide. C’est très long à arriver, mais c’est vrai que quand c’est là, il faut un peu s’accrocher. Mais je compte bien m’accrocher. Ça a mis du temps à venir, j’ai aussi connu l’indifférence, mais on m’a tendu la main. Et je crois que c’est ce qu’il faut pour garder les pieds sur terre. J’essaie de conserver ce truc là de sincérité, qui je crois a touché un tout petit public qui ne demande qu’à grandir.


Il y a une forme d’éclectisme musical dans ton projet, même si pour aller vite, on pourrait dire que tu fais de la chanson rock. Tu passes de chansons très réalistes à des chansons beaucoup plus dansantes. Comment te sens-tu dans la scène française actuelle ?

Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, je m’y sens très bien. Il y a beaucoup de gens qui font tout le temps des comparaisons entre les artistes. Il y a des gens qui considèrent que je fais de la chanson à texte contrairement à Aya Nakamura par exemple. Moi je ne trouve pas. Même si musicalement, ce n’est pas ma came, sa musique touche plein de gens, donc il y a une raison à son succès. On fait partie d’une génération qui raconte sa génération, et je suis touché d’en faire partie. On le fait chacun à notre manière. Peu importe le style.


Est-ce que tu as le temps d’écrire sur la route, ou est-ce que tu es concentré niquement sur les concerts du soir ?

Oui j’écris sur la route, mais très mal. Et en plus je suis gaucher et ça bouge tout le temps. On ne peut pas être touché sur la route par les gens comme on l’est dans la vie de tous les jours. Je dis souvent en ce moment que j’ai hâte d’être en vacances, mais en fait j’ai juste envie de retrouver une vie à peu près normale, retrouver des rencontres normales, avoir des discussions avec de la profondeur. On a le cerveau moins disponible en tournée, on est fatigué, on est un peu irritable. Moi j’ai hâte de retrouver ce naturel qui me permet d’écrire des chansons. Quand on s’arrête quelques jours il revient, mais comme je repars souvent… Mais j’écris quand même des trucs, et de temps en temps il y a des choses intéressantes, mais ça raconte plus des choses sur moi, et moi ça ne m’intéresse pas. J’ai envie de raconter le monde.


Tu as toujours eu envie de raconter les autres ? Ou ce que tu perçois des autres ?

Je trouve ça plus fort. Moi, j'ai toujours l'impression, quand j'écris sur moi, de dévoiler des choses qui n'intéressent personne. Alors quand je me dévoile, comme par exemple sur la chanson qui parle de de mon grand-père, c'est parce que je pense que les gens peuvent s'identifier. Donc il y a un intérêt à le faire. Sinon ma vie, je la trouve chiante comme la pluie. J’ai une vie tournée, c'est pas une vie intéressante pour les gens. Pour nous, à vivre c’est génial, mais j'ai pas envie de le raconter, de parler de notre vie dans le bus. Je crois que c'est plus important de raconter les gens, la société.


Tu es un peu à contre courant finalement. Aujourd’hui, on est dans une ère où seule son expérience compte, que ce soit à travers sont art ou les réseaux sociaux. L’expérience intime fait office de vérité. Alors que dans tes chansons, tu as souvent une position d’observateur.

Je pense que c’est à la fois positif et négatif. Dans toutes les époques il y a des travers. Si la société est nombriliste, ce que je ne pense pas particulièrement, c’est qu’il y a une raison sociale à cela. Rien n’arrive par hasard. S’il y a de la violence ou de l’égoïsme, c’est qu’il y a des fractures. Moi justement, en racontant les gens, j’espère à la hauteur, c’est d’essayer de rassembler. Quand il y a eu cette histoire de concurrence avec L2B au moment des victoires de la musique, j’ai trouvé que ce n’était pas la chose la plus intéressante à faire. Au contraire, il faut se dire qu’il faut exister et le nombrilisme engendre ce genre de choses. Après, dans ma vie de tous les jours je me regarde le nombril aussi. Je me sens moins à mon aise de poster un selfie, mais si les gens le font, c’est aussi pour s’accepter, et c’est très bien.


Comment as-tu vécu les Victoires de la musique avec cette histoire de compétition qui souvent n’est pas le fait des artistes entre eux. C’est plutôt le public ou le métier qui lance ça à l’heure du buzz.

Moi je ne l’ai pas pris comme une compétition. Ce sont les gens qui l’ont vu comme tel. On imagine que le rap ne peut pas exister avec la chanson française, que d’est un truc du passé. Moi j’ai l’impression de faire des choses actuelles. Je raconte des valeurs d’aujourd’hui. Il y a une vraie fracture entre les générations, entre les gens, tout le monde se juge. Les Victoires, c’est pareil. C’est un peu le reflet de ça. Je n’en veux à personne. J’ai même proposé à L2B de faire un featuring, ils ont refusé. Mais la proposition tient toujours. C’est important de montrer aux gens que nous ne sommes pas des ennemis.


Tu as le temps d’écouter de la musique sur la route et de découvrir des artistes ? Est-ce qu’il ya quelque chose qui t’a marqué récemment ?

Curieusement, en ce moment je reviens beaucoup à Jacques Dutronc, qui n’est pas une nouveauté. J’adore ce côté satirique et pince sans rire. Sinon, dans le bus, j’écoute beaucoup FIP. Cela me permet d’écouter plein de choses mais je ne retiens jamais les noms. Par contre, je retiens beaucoup les mélodies. Peut être qu’un jour, je vais plagier sans le vouloir un titre entendu à la radio. En ce moment, je suis très influençable par une sonorité rock, anglaise, j’écoute de la Britpop.



Interview et Photos : Nicolas Vidal


En concert à l'Olympia le 14 Décembre 2026

 
 
 

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