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LEONARD LASRY, LE PLAISIR DE LEUR PLAIRE

  • Photo du rédacteur: Faces Zine
    Faces Zine
  • 16 déc. 2025
  • 7 min de lecture

Leonard Lasry est un artiste curieux. Au sens littéral. Toujours prêt à écouter la musique des autres mais surtout de partager la sienne avec d’autres artistes. Des actrices (Charlotte Rampling, Françoise Fabian), des égéries mythiques (Marie France, Maripol, Elisa Point), des chanteuses à haut potentiel pop (Lolly Wish, Almée), ou des cinéastes Arty (Jérôme Reybaud, pour qui il a composé une musique Eurodance pour son film « Un balcon à Limoges »). Mais Léonard Lasry est aussi un songwriter prolifique pour lui même, qui s’est offert sa liberté artistique en créant son label sur lequel sortent ses disques, mais également ceux qu’il produit, où qu’il réédite comme les disques de Marie France. Le dernier en date, « Que savons-nous de nous », est un album de duos qui ont égrenés sa discographie, et force est de constater que Léonard, en plus d’écrire de bonnes chansons, sait se faire accompagner par des voix originales. Des actrices (Maria de Medeiros, Jane Badler), des pop boys (Joseph D’anvers, Jay Jay Johansson) ou des idoles de la mode (Claude Montana) font partie de ce casting XXL. Sur la chanson « Tout reste à dire » écrite pour Sylvie Vartan avec qui il chante ce titre, il nous dit « L’amour autant que le destin, Nous font emprunter des chemins », et force est de constater que le chemin que s’est créé Léonard Lasry force l’admiration de tout amateur de pop. Rencontre autour de ces rencontres artistiques et pop… et ce qu’il lui reste à accomplir.


Toutes les chansons qui composent cet album de duos sont parues sur tes différents projets ? Sauf celle avec Sylvie Vartan ?

Oui. Enfin la véritable chanson inédite, c’est le duo avec Maria De Medeiros qui ouvre l’album. La chanson avec Sylvie Vartan était sortie sur son album « Merci pour le regard », mais elle la chantait seule en piano voix. Nous avons fait une nouvelle version pour cet album, en duo, et avec une orchestration différente. Je suis très content de cette nouvelle version, qui a d’ailleurs boosté mes écoutes car le titre est très écouté sur les plateformes. Et puis c’est l’une des rares chansons dont j’ai écrit les paroles et la musique dans cet album. Après, il y a des chansons qu’on a réarrangé, comme le duo avec Jay Jay Johansson, mais ce n’est pas une chanson inédite. Cet album signe une période de 10 ans, de 2014 à 2025 en gros.


Ce qui est intéressant, c’est que tu as des invités plutôt éclectiques, bien qu’il y ait une majorité d’actrices qui chantent, et que tu as fait chanter. Il y a aussi des invité.e.s plus underground comme Marie France, Elisa Point, Claude Montana, Maripol, Lolly Wish, Jane Badler…

Lolly, ça fait 10 ans qu’on fait des chansons ensemble mais les gens la reconnaissent un peu car elle a participé à The Voice. L’album qu’on a fait ensemble, c’était presque une compilation de différentes choses qu’on avait fait au long des années, comme une chanson pour le Crazy Horse, une autre sur Pierre et Gilles qui venaient de la photographier et qui ont accepté que la photo soit la pochette. Jane Badler, on a enregistré quelques chansons ensemble car j’adorais son album « Tears Again ». Je la connaissais de la série « V ». Mais finalement, il n’y a que cette chanson qui est sortie. Elle a fait des disques qui méritent d’être connus.


C’est une compilation ecclectique de tes rencontres, mais qui a un vrai sens.

C’est pour ça que je l’ai fait. C’est ma discographie. Je fais finalement le lien entre toutes ces rencontres. Cela amène une lumière sur mes autres albums qui sont parfois moins connus. J’aime bien entendre ça chez les autres, donc je l’ai fait.


Comment se sont faites toutes ces rencontres ? J’imagine qu’il y en a à ton initiative, comme Marie France que tu aimais depuis longtemps. Mais j’imagine que pour d’autres, c’est venu naturellement.

Marie France est la première artiste que j’ai rencontré. Lolly Wish, on s’est connu dans la Nuit parisienne, je ne savais pas qu’elle chantait à l’époque. Mais quasiment tous les artistes, ce sont des rencontres de la vie. Je n’ai pas cherché à les rencontrer, sauf peut être Charlotte Rampling à qui j’ai envoyé une petite perche via mon agent de l’époque. C’est l’une des plus belles rencontres de ma vie. C’était à elle que je pensais quand j’ai écrit « Via Condoti ». Je connaissais son premier album que j’avais acheté à l’époque et un ami photographe nous avait présentés. Mais je n’avais pas osé la contacter. Mais dès que l’entendais chanter dans un film, ça me titillait quand même. Et quand j’ai voulu lui proposer quelque chose, mon agent a contacté son agent et elle a répondu qu’elle aimait ce que je faisais. On a donc proposé deux chansons, et on s’est rencontré. On a essayé la chanson ensemble, et elle a dit oui. C’était un rêve d’avoir cette voix, de travailler avec cette actrice dont je suis fan. Et l’histoire ne s’est pas arrêtée là puisqu’on a ensuite fait un album ensemble. Mais tous les autres, c’est un peu le hasard.


Est-ce qu’il y a quelqu’un pour qui tu aimerais écrire ?

Bien sûr. Des chanteuses, d’autres actrices… la liste n’est pas finie ! J’ai adoré faire le disque avec Françoise Fabian aussi. C’est comme une collection fictive que j’aimerais continuer. En ce moment, je travaille avec une autre actrice, mais je ne peux pas encore dire qui. Ce sera un projet différent dans le sens ou là, cette actrice incarnera un personnage. Ce qui n’est pas le cas des albums de Charlotte Rampling et de Françoise Fabian ou finalement, on s’approchait plus de leur personnalité à travers les chansons. Mais dans mes rêves, j’aimerais beaucoup faire quelque chose avec Tilda Swinton. Elle a un timbre à qui je pense régulièrement. Il y aura peut être une suite avec Fanny Ardant. Quand on s’est rencontré, ce n’était pas pour un duo mais pour un projet pour elle. Il n’y avait pas de calendrier. J’étais en train d’enregistrer « Le grand danger de se plaire », et j’ai eu un flash sur une chanson de l’album, où j’entendais sa voix. Je lui ai envoyé le titre, elle était en tournage en Italie et dès qu’elle est rentrée, on l’a enregistré.


Finalement, tu a fait autant d’albums pour toi que pour d’autres interprètes. Est-ce que c’est aussi important pour toi de collaborer avec d’autres artistes ? Est-ce que c’est une autre part de toi qui s’exprime ?

Sur le moment je n’y pense pas. Mais au final, oui. C’est quand même une part de moi qui s’exprime. Surtout quand ce sont des albums entiers. Toutes ces personnes ont fait comme elles ont voulu, ont accepté les chansons, etc… Mais ça ressemble quand même à ce que j’ai imaginé en composant. Quand j’ai travaillé sur l’album d’Amina par exemple, c’est vrai qu’une partie de moi aime bien la musique orientale-pop, mais je ne l’aurais pas forcément fait pour l'un de mes albums. Mais ce sont des parties de moi. Sur le dernier album de Marie France, il y a une partie de mes goûts que je n’aurais pas forcément mis sur mes disques. Tout ça complète le camembert des différentes pattes que je peux avoir. Les personnes qui me connaissent retrouvent des choses. Ça complète mes albums, ça me fait mûrir entre les projets. Même si j’aime bien chanter parfois sur scène les chansons que j’écris pour les autres, je compose mes albums de manière différente. C’est plus une complémentarité.


Tu es ton propre producteur. Tu es aussi le producteur d’une grande partie des artistes avec qui tu as collaboré. Est-ce qu’en créant ton label et en travaillant de manière indépendante, tu t’es acheté le luxe de faire ces projets qui ne rentrent pas forcément dans des cases marketing de l’industrie du disque ?

C’est sûr. Quand je veux faire un projet et que j’y crois, c’est agréable de ne pas attendre qu’on me donne le feu vert. Par exemple pour le disque avec Françoise Fabian, elle était surprise qu’on puisse faire un album comme ça, rapidement, sans démarches particulières. Ça donne une liberté et une autonomie qui nous permettent de faire exister les projets. Après, pour l’accueil, c’est autre chose. La mises en place des projets sont forcément à une échelle différente. Mais les projets existent et on vient parfois me chercher dans de plus gros labels, comme le disque de Sylvie Vartan qui est sorti chez Sony, ou le projet de Hélène in Paris.


Tu perpétues une forme de tradition de compositeur qui fait chanter les autres, de Gainsbourg à Biolay. Comment te situes-tu dans cette forme de dualité très française ? J’ai la sensation que chez toi, il y a une véritable amour de l’égérie, mais d’une manière désexuée. On sent moins chez toi le séducteur qui a voulu appâter la chanteuse ou l’actrice.

C’est vrai qu’il n’y a pas cette ambiguïté quand je collabore avec d’autres artistes. Pour moi, on est ensemble pour partager un message ou une scène, mais c’est souvent des chansons ou je ne m’adresse pas à l’autre. On est deux à observer quelque chose. En tout cas c‘est ce que je ressens.


Est-ce que le fait de travailler avec une autrice, Elisa Point, pour la majorité des chansons, change la donne en terme de sujets ?

Peut être, car elle a une écriture très féminine, mais elle s’adapte aussi en fonction des interprètes, que ce soit moi ou une actrice. Quand elle écrit pour moi, c’est vraiment du sur mesure. Je n’ai parfois pas l’impression d’interpréter les mots de quelqu’un d’autre. C’est comme si je les avais écrits quelque part. J’aime bien cette forme plus impersonnelle finalement, qui est plus dans le partage que dans le fait de s’adresser à quelqu’un.


Tu es un interprète avec un autre interprète ?

Dans ces moments là, oui. Même si je suis à l’origine des chansons. Et c’est c’est vrai que pour l’instant, je n’ai pas eu de moments de séduction derrière le micro, comme Gainsbourg a pu en avoir avec certaines de ses interprètes. Ce n’est pas mon registre.


Interview et photos : Nicolas Vidal

Album « Que savons-nous de nous » disponible

 
 
 

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