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Klon, communauté pop


Le sens du collectif reviendrait-il à la mode dans la pop ? Après Catastrophe, voici Klon. 7 personnes, 7 individualités qui travaillent ensemble, vivent ensemble, créent ensemble un son nocturne et cinématographique, entre La Femme et New Order. Après seulement 2 titres, “Noise” et “West”, Klon débarque avec un son eighties mais pas trop sur l'échiquier de la pop, et ça fait du bien. Interview en guise de présentation d’une communauté d’artistes pour qui le vivre ensemble veut dire quelque chose, un projet pop et politique au temps où l’individualité prend le pas sur le collectif, le tout en dansant les bras très haut.


D'où vient ce nom KLON ?

Ça vient du fait qu’on a tous la même vision, le même rêve. Ça se prononce comme un Clone. Où pas. Il y a comme une fusion entre nous. On s’est tous rencontré à l’époque du Lycée, par des amis d’amis, en soirée. A l’époque on faisait du rap. On s’est vu 2 ou 3 fois, et on a senti une super énergie entre nous. On a eu envie de se rassembler et de faire des choses ensemble.


Vous vous considérez plutôt comme un groupe ou comme un collectif ?

Comme un groupe. Au début, on était plus un collectif car il y avait cette dimension d’artiste solo qui venait travailler avec les autres, mais aujourd'hui, on fait tout de manière collégiale, que ce soit dans notre musique ou notre manière de vivre, puisqu’on vit tous ensemble depuis plusieurs années. C’est vraiment une communauté. Après, ça peut se rapprocher du collectif dans le sens où nous sommes 5 musiciens mais il y a aussi nos 2 managers qui font partie intégrante du projet et avec qui on vit également.


Comment arrivez-vous à gérer le travail qu’implique la musique et la vie quotidienne ?

On a un mode de vie très familial, on mange ensemble, on a des horaires, mais on respecte assez bien le travail qu’on doit faire. Si on doit répéter à 10:00 le matin, on le fait. Avec ce mode de vie, il n’y a pas vraiment de séparation, même si bien sûr on s’octroie des moments personnels. Mais c’est vrai que s’il y en a un qui ne veut pas bosser et mater un film, on y réfléchit à deux fois… Mais c’est assez libre, ce n’est pas contraignant. Quand on s’est rencontré, ça a été une fusion très forte.


Vous avez probablement tou.te.s des influences très différentes mais vous avez un son plutôt personnel dans les deux titres qui sont sortis. Comment se fait ce mélange ?

On a eu une grosse période ou l’on s’est fait écouter beaucoup de musique chacun. C’est comme ça qu’on s’est créé une culture commune. On a plus ou moins les mêmes goûts, mais on se rejoint sur la vision, sur le son qu’on a envie de produire. Mais c’est très libre. Quand on compose, on part de jams qu’on fait ensemble, on improvise, on se suit… C’est notre manière de produire quelque chose de très collégial. En enregistrant tous ensemble on capte une énergie collective, et ensuite quand on sent qu’on a un morceau, on peaufine l’enregistrement en studio. Chacun amène ses idées, ses riffs, on crée autour de ça et de choisir démocratiquement ce qui restera dans le morceau. Comme on habite ensemble, c’est assez facile car on peut en parler tout le temps, y réfléchir ensemble. Ça passe par beaucoup de discussions, mais c’est très fluide.


Comment définiriez-vous le son de KLON ?

Vu qu’il y a plein d’influences, c’est un peu un méli-mélo. On a du mal à se rattacher à un genre ou à trouver une famille d’artistes dans laquelle on pourrait se retrouver. Et puis ça évolue tout le temps. On essaie d’avoir une cohérence avec les machines qu’on utilise, les synthés eighties qui ont une couleur assez dingue. On essaie d’avoir une palette sonore particulière et cohérente. Il y a vraiment une recherche dans les sons. On aime le côté sexy de l’électro French Touch mélangé avec un côté new wave/post punk.



On pense effectivement à Kraftwerk ou les premiers New Order quand on écoute votre musique…

C’est le genre de référence qu’on a, et ce sont les machines de cette époque là qu’on utilise. La plupart de nos machines sont des années 80 et ça teinte forcément la production, même si on ne veut pas forcément faire un son 80. On les mélange pour trouver notre couleur. On ne veut pas forcément faire quelque chose qui s’est déjà fait. En soi, on ne cherche pas à produire un son vintage. On a gardé l’énergie qu’on avait quand on faisait du rap.


Il y a aussi l’énergie de la fête dans vos chansons. Est-ce que c’est important pour vous qu’on puisse danser sur vos titres?

On est des gros danseurs. On aime les sons qui font bouger. On fait une musique pour fédérer, pour vibrer…


Quand on est 7 sur un projet, est-ce que ce n’est pas finalement évident ? Ce serait bizarre que vous fassiez du folk...

La musique dansante, ça réunit beaucoup les gens, ça fédère, et nous on aime ça. Dans les compositions, tout n’est pas dansant, mais c’est vrai que le fait d’être 7 donne de l’énergie. On a déjà envie de se faire kiffer nous, et les autres aussi.


L’image est très importante dans votre projet. Est-ce que vous faites ça de manière spontanée, où y a t’il beaucoup de discussions entre vous ?

A la base, on est très investis dans l’image. On a tous fait des études différentes, mais qui viennent servir le groupe. Il y en a qui ont fait du ciné, du graphisme, du son, et de la mode. On met tous la main à la patte. On a toujours aimé la mode, les vêtements… On s’est aussi connus et reconnus car on avait un peu tous un style zazou. Mais on veut avoir la mainmise sur tous les aspects du groupe, du coup on a beaucoup expérimenter, chercher afin que chacun se sente bien et soit représenté. Au final, on vit quelque chose de beaucoup plus spontané aujourd’hui et le but est que tout le monde puisse s’exprimer sans se mettre une étiquette.


Est-ce que tout le monde n’a pas envie de lâcher prise en ce moment vu le contexte ?

C’est vrai que le contexte nous a pas mal remis en question même si notre mode de vie n’a pas fondamentalement changé puisqu’on vit déjà ensemble et qu’on travaille à la maison. Mais ça a été un moment d’introspection collectif et à la fin, on avait juste envie de détendre le tout. Ce n’est que de la musique et l’idée est d’y prendre plaisir. On est assez spontané, et ce sont souvent les émotions les plus vraies, on essaie de garder cette justesse. Ça ne sert à rien de trop intellectualiser, ce qui peut vite arriver à 7. Notre moteur, c’est la musique. On a la chance de pouvoir bosser avec des amis, que ce soit pour les clips ou les photos, et c’est plutôt cool. Klon c’est pour la vie, et on a mille projets à faire tous ensemble, plein d’idées…



Interview et photos : Nicolas Vidal