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Batist & the 73', pop à la maison

April 20, 2020

Cela fait quelques années que le français est redevenu à la mode dans la pop d’ici. Et Baptiste Dosdat ne le sait que trop bien, lui qui accompagne de sa guitare et de sa basse groovy certains des projets les plus excitants du moment. De Cléa Vincent à Niki Demiller en passant par Baptiste W.Hamon ou Kim (qui sort l’EP sur son label MK Label), la fine fleur de la pop indé d’ici ne veut pas se passer de ses services. Mais Baptiste n’est pas uniquement un acolyte doué, c’est aussi un chanteur et songwriter qui sort régulièrement des projets : un album en 2014 et un EP en 2018 sous le simple nom de Batist, et aujourd’hui “Love Songs”, un EP de 4 titres sous le nom de Batist & the 73’. En revanche, il a décidé de chanter en anglais des chansons d’amour, dans une ambiance pop et folk où les guitares acoustiques se mélangent aux claviers Rhodes, où les chœurs en harmonie se conjuguent à des mélodies tendant vers un spleen qu’on ne lui connaissait pas, lui qui s’était montré sous un jour plutôt rock et dur dans ses chansons précédentes. Comme si le Katerine 1ère période rencontrait les Moldy Peaches en somme. Rencontre avec le musicien le plus sympa de Paris.

 

Tu es multi-instrumentiste. Comment es-tu venu à la musique ?

J’ai commencé la guitare vers 8 ans dans une petite école de musique à Brest. A 10 ans, j’ai commencé le Conservatoire National de Montpellier, en guitare classique. Le niveau était très élevé, donc ce n’était pas tout le temps une partie de plaisir, mais j’avais un super prof de guitare, qui était autant fan de musique classique (qu’on jouait a longueur de journée) que des Beatles et Jimi Hendrix (qu’on ne pouvait pas jouer). En parallèle, j’écoutais de la musique via mon grand frère, et les vinyles de mes parents. La révélation arrive à l’adolescence quand je découvre Nirvana, 10 ans après tout le monde. Fini le conservatoire, je bosse pour m’acheter une guitare électrique. Je ne pense plus qu’à ça. C’est bien après, que j’apprends a jouer de la basse, puis de la contrebasse.

 

Tu as d’abord accompagné d’autres artistes avant de proposer tes chansons. Qu’est ce qui t’a donné envie de composer pour toi ?

Et bien en fait non. J’ai commencé à écrire des chansons avant d’accompagner d’autres artistes. Ça a commencé au lycée. J’ai eu plusieurs groupes de rock/punk/grunge, où on mélangeait mes chansons et des reprises. Ensuite, je n’ai plus eu de groupe, mais j’ai continué à écrire des chansons, et j’ai commencé à les chanter tout seul en acoustique, à l’open mic du Pop In (Bar pop 105 Rue Amelot, Paris 11). Nous sommes en 2011. Je rencontre Kim Giani. J’adore sa musique. J’adore la personne. On enregistre ensemble quelques unes de mes chansons. On les joue en live ensemble un temps, puis avec d’autres copains ensuite. On joue dans tous les bars de Paris. C’est seulement après, vers 2013, qu’on commence à me proposer d’accompagner d’autres chanteurs/chanteuses ou de former d’autres groupes, où je suis simplement instrumentiste et non chanteur/guitariste. J’ai littéralement adoré faire ça. Etre dans ce rôle me plait énormément.

 

Est-ce que les artistes que tu accompagnes influencent ta manière d’écrire des chansons, bien qu’ils soient dans un style différent du tien ?

Oui et non. Non, parce que les mélodies que je chante et les enchainements d’accords qui accompagnent ces mélodies, ne leur ressemblent pas vraiment, même si on fait partie d’une même famille, la pop et la folk. Et c’est ça qui est excitant. C’est que chacun garde sa patte, son originalité. Ce n’est pas qu’on fasse la même chose, ou que ça se ressemble ostensiblement. Et pareil pour les arrangements. Ne pas trop s’inspirer de ses copains, c’est d’ailleurs un piège à éviter. Le but de ce projet, c’est aussi de faire des choses que je ne fais pas d’habitude. Sinon, quel intérêt ? J’ai l’impression de piocher plutôt dans mes références à moi, celles de rockeurs qui de temps en temps, font des chansons calmes. Par exemple, j’ai toujours adoré dans les albums de Grunge ou de rock endiablés, la jolie ballade, un brin déprimante, qui est en fin d’album. Je pense par exemple à « Mosquito Song » de Queens Of The Stone Age (« Songs For The Deaf) ou « Behind your eyes » de Nine Black Alps (« Everything is »). En quelques sorte, j’ai essayé de faire un EP uniquement composé de chansons comme ça. De chansons douces, de fin d’album de rock abrasif, de mecs ou de nana qui, le temps d’une ou 2 chansons, montrent qu’ils sont tout fragiles et beaux intérieurement. En revanche, jouer avec tous ces super songwriters et super musiciens, me fait moi même (je crois, j’espère !) devenir meilleur musicien. J’apprends à leur contact et j’essaye d’être a l’écoute. Comment bien imbriquer les instruments ensemble, bien travailler son son, de quelle façon jouer pour telle ou telle chanson. Pourquoi cette interprétation marche, et pas celle ci. Ne pas en faire trop. Faire gaffe à ne pas perdre la fibre initiale. Au contraire, comment la mettre en valeur etc… Donc forcement, ceci se ressent dans ma démarche de songwriting et d’arrangement.

 

 

Tu accompagnes beaucoup de projets en français, mais toi tu continues à chanter en anglais…

C’est tout simplement une question de style. La voix est un instrument tout comme la guitare, la clarinette ou le pipo. Par exemple, si dans une chanson punk, on remplace une guitare électrique, par un accordéon ou un piano, on change tout de suite de style de musique. Dans mon cas, je le dis pour l’avoir essayé sur 2 des chansons de l’EP avant de me raviser, j’ai essayé de chanter en français, et je n’ai pas du tout aimé ce que j’ai entendu. Ma chanson n’avait plus du tout le même style. Et ce nouveau style, je l’aimais moins et le trouvais moins réussi que quand c’était en anglais. Ça sonnait moins harmonieux, a mon sens. Mais petit à petit je tente des choses, mais le moment n’était pas encore venu.C’est donc une question de style et donc de goût. Il faut comprendre qu’une même chanson chantée en Italien, ne procure pas les mêmes sensations a l’écoute, que si elle était chantée en français, ou en anglais ou en japonais (même si le texte est une traduction des plus fidèle). Ça peut être mieux où moins bien, mais pour sûr, très different. En plus de ça, c’est agréable de penser qu’on ne vous comprend pas. J’aime souvent raconter des choses personnelles dans mes chansons, mais je trouve ça parfois très impudique de ma part, de m’étaler comme ça devant les gens. L’anglais me rend un bien bon service.

 

Quelles sont tes influences musicales ?

Elliott smith, Supergrass, Velvet Underground, Scoutt Niblett, Spoon, Peter Von Poehl, Big thief, Katerine, Neil Young, Wilco, Beach Boys, Courtney Barnett, Deus, Andy Shauf, Yuksek.

 

Il y a un côté Lo-fi dans les disques que tu as sorti qui se rapprocherait me semble t il de la scène antifolk (Moldy Peaches…) Est-ce que c’est une scène qui t’a influencé ?

Bien sûr. Comme d’autres scènes aussi, mais celle la en particulier effectivement. J’ai toujours aimé les chansons intimistes. La lo-fi, c’est le max de l’intime que tu puisses faire. Je veux dire, enregistrer dans sa chambre à coucher ou dans son salon, ça donne déjà une bonne base. Plus le fait que ça soit généralement très peu orchestré, et un peu bancal, ça donne l’impression qu’on n’est pas dans une salle de concert, mais bien chez quelqu’un et qu'on vit un moment privilégié. C’est dingue comme effet. Pour mes 2 disques précédents, les chansons ont été enregistrées en studio où home studio, mais comportent clairement des éléments Lo-fi. Peu orchestré, tempi qui fluctuent, son « rough »… Ce nouvel EP est le plus arrangé de tous et clairement très différent de tout ce que j’ai fait avant. Je me suis éclaté a mettre de beaux sons d’orgues et de claviers, des harmonies vocales etc, mais je sais qu’il reste un coté Lo-fi. Est ce que c’est parce que j’ai enregistré tout à 70% dans ma chambre? Non, c’est pas pour ça. Si ? Je sais pas. C’est sûr que peut être.

 

 

Batist & The 73', EP "Love songs"  disponible le 23 Avril chez MK label

 

 

 

 

 

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