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Terrier, la pop à l'abri


“ J’ai commencé à penser au projet Terrier assez récemment. J’ai décidé de publier un premier son. J’avais trouvé l’univers graphique, visuel, musical, les clips. Je voulais que tout soit cohérent.” Le monde musical va vite. Très vite. Et Terrier n’échappe pas à la règle. Il faut dégainer, creuser son trou, sa niche musicale, et toucher le plus vite possible les gens dans son abri, les prendre avec soi, et les embarquer sur son “Tourniquet”, qui va vite, vite, vite.


Sélection au Chantier des Francos, aux Inouïs du Printemps de Bourges, premières parties de Balthazar, Camp Claude et Hervé, la course folle de Terrier n’est pas prête de s’arrêter alors que pour le moment, seul le titre “Tourniquet” est sorti. Mélange nonchalant de pop urbaine et de chanson rock, le titre est très addictif et révèle une plume acide et un flow assez rare dans la pop d’ici : “Je me suis beaucoup posé de questions sur les textes. Pour moi, ce sont les textes qui guident le reste. C’est l’élément maître de la chanson. J’ai fait des choses plus poétiques au début, mais je trouvais que ça ne m’allait pas dans l’interprétation. Et puis j’ai essayé d’écrire comme je parle, et j’ai trouvé que ça prenait plus, que c’était plus naturel et spontané.”


Mais la musique de Terrier n’est pas pour autant un copié collé des musiques urbaines d’ici. On y entend plutôt un renouveau rock, avec des synthés saturés à la place des guitares, et une rage slammée en guise de riff accrocheur. "Je réfléchis beaucoup à la musique. Je m’inspire de choses très différentes, ça va de Kanye West aux Beatles, en passant le punk anglais et la Brit pop que j’ai toujours écouté depuis mon adolescence. C’est un vrai mélange. “Tourniquet” par exemple rassemble vraiment toutes ces influences. Mais d’autres titres sont plus pop.”

Mais comment concilier sa veine rock avec le Hip Hop qui a finalement infusé toute la musique mondiale, reléguant parfois la révolte qui sommeillait dans les guitares au rang de musique chic et de faire des beats urbains le parangon de la variété ? "“Lomepal est vraiment l’exemple parfait de ça. Après, moi je viens vraiment du rock, pas du hip hop. J’étais le premier à cracher dessus, mais en ouvrant mes oreilles, j’ai entendu plein de trucs supers. Du coup, j’ai vraiment voulu faire quelque chose avec ces deux pôles qui aboutissent finalement à un côté pop. On est nombreux à avoir cette démarche là. Mais Terrier reste quand même plus rock de mon point de vue. Et puis Il n’y a plus vraiment de chanson française à l’ancienne. Où alors, ces artistes là ne sont pas dans la lumière, ce qui est un peu dommage. Mais ça va revenir.”

L’univers visuel du projet est au diapason de cette attitude “tête à claque” (dans le bon sens du terme), accrocheuse et personnelle, avec un très beau clip en noir et blanc qui suit un acteur magnétique comme sorti d’un film de Larry Clark… “Quand j’ai commencé Terrier, je composais avec des films à côté. Et un jour, j’ai essayé du mellotron sur “C’est arrivé près de chez vous”, qui est un docu fiction en noir et blanc, très drôle et noir. Et j’ai aimé ce que ça donnait, sur le noir et blanc. Donc je suis parti là-dessus, avec une caméra à l’épaule. Et je l’ai transcrit avec les photos en noir et blanc au flash.” Car l’image est très importante pour Terrier, pas seulement sur ce projet là, mais aussi dans son travail musical en général. “Je fais de la musique à l’image, et j’ai mon studio dans lequel je travaille aussi pour Terrier. Quand tu fais de la musique à l’image, on te donne généralement des références précises dans lesquelles il faut se fondre. Avec Terrier, je me retrouve sur une page blanche, avec une totale liberté dans le tempo, dans l’émotion. Je n’ai pas de règles dans la création. Je ne m’interdis rien.”


Et comme il est interdit d’interdire, on ne peut que se réjouir de cette attitude créative qui permet à Terrier de se démarquer du peloton pop parfois trop sage, et on embarque volontiers sur son “Tourniquet”, en attendant la suite avec impatience.


SOUS INFLUENCES DIVINES

“Les Beatles sont vraiment pour moi la base. Dans les albums récents, j'ai beaucoup écouté celui des MNNQNS, l’album de Billie Eilish, et l’album “La fête est finie” d’Orelsan. Mais j’écoute tout ça par vague. King Krule aussi, que j’ai beaucoup écouté. Mais Les Beatles, ce n’est pas une vague. Quand tu commences la musique et que tu les écoute, ça ne peut que te marquer. Ils ont quelque chose de très spontané. Ce sont des vrais chansons. la musique anglo-saxonne me touche beaucoup, et eux ce sont le cliché de la musique anglaise dont tout le monde s’est inspiré derrière. En cinéma, j’adore tout ce que fait Alexandre Desplat. Pour les réalisateurs, je citerais Wes Anderson et Lars Von Trier, qui n’ont rien à voir. Chez Lars Von Trier, tout saisit. Il y a un truc tellement malsain et pervers que je trouve fascinant. Et Wes Anderson, c’est un tout. En revanche je mis très peu. Mais il y a un auteur de j’aime bien, c’est Joël Dicker. C’est assez simple, mais il y a de belles images dans ce qu’il écrit. Ce n’est pas de la grande littérature mais ça me va.”

Single "Tourniquet" disponible