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Rebecca Schiffman, décontraction pop

November 7, 2018

Rebecca Schiffman est une songwriteuse américaine, originaire de New-York mais exilée à Los Angeles. Elle a sorti 3 albums complètement auto-produits, comme la plupart des musiciens de nos jours. Elle écrit, elle tourne un peu aux Etats-Unis, et à beaucoup de talent.

J’ai rencontré Rebecca à une époque ancienne, ou les pouces levés n’existaient pas encore mais ou les musiciens pouvaient s’échanger des fichiers sonores via My Space,  quand nous avions encore l’utopie de croire que les chansons circulaient dans le monde entier en un clic. De ces temps révolus, restent encore quelques amitiés, et des nouvelles musicales régulières. Rebecca a t’elle beaucoup changé depuis son premier album « Upside down Lacrimosa » sorti en 2003 ? « J’ai le sentiment que j’ai progressé sur certaines choses, et régressé sur d’autres. J’ai plus conscience de ce que je fais par rapport à mes débuts ou je prenais plus de liberté dans ma musique. Quelquefois je suis tombée dans le panneau de vouloir sur-arranger mes titres parce que j’avais des musiciens avec moi, ce qui n’était pas le cas à mes débuts. Mais je chante mieux. J’étais tellement timide. Et ça va mieux de ce côté là. Et j’essaie aussi d’écrire des chansons que je peux jouer seule à la guitare sans qu’elles soient monotones. Ce que je ne pensais pas être capable de faire. »

Car Rebecca continue effectivement à sortir des disques, de bien beaux disques d’ailleurs, dont le dernier éponyme est sorti en 2016. Produit par Money Mark, ancien comparse des Beastie Boys, cet album était déjà dans une veine un peu plus pop que les précédents. « A l’époque de mon premier album, il y a avait déjà des sons un peu Casio, mélangés avec des guitares. J’avais tout enregistré sur un 4 pistes. Sur mon deuxième album, c’était plus folk/rock. Mon dernier morceau, « Song for a writer » qui est déjà sorti est dans une pop un peu rétro-mélancolique, à la Kinks, ou à la Electric Light Orchestra. Et celles qui arrivent seront pop, mais un peu plus indie pop. »

 

Très impatients,  on lui demande avec qui elle va produire ses nouveaux morceaux : « Pour l’instant, John MF Anderson de Girls a produit deux chansons. J’ai adoré travaillé avec Money Mark pour mon 3ème album, mais pour celui là, j’aimerais travailler avec plein de différents producteurs, qui produiraient chacun quelques chansons. J’aime toujours le format album, et bien que j’ai en tête pour plus tard un disque ou je ferais tout moi même, j’ai encore quelques chansons que j’ai envie de confier à d’autres pour voir ce que ça donne Peut être que je sortirais les chansons au fur et à mesure. Je n’ai pas encore décidé. »

Rebecca est originaire de New-York mais vit à L.A depuis quelques années. Est ce que le fait de changer de ville a changé sa manière de travailler ? « Mon inspiration n’est plus la même à L.A qu’à New York. Par exemple, j’écris sur New York maintenant que je n’y suis plus. Mais je ne pense pas que ça ait changé grand chose dans ma manière de faire des chansons. C’est juste ma vie qui est différente. A New-York, je vivais chez mes parents. Ici, j’ai une maison, je dois m’en occuper, et ça change juste le rapport au temps, à la concentration. Et en même temps, j’ai d’autres choses à raconter dans mes chansons, une autre étape de ma vie. »

 

Rebecca sort des albums avec parcimonie, fait les choses à son rythme, presque avec une certaine décontraction. « Je ne suis pas une songwriteuse compulsive. Par contre, si j’ai une deadline, je peux composer très rapidement et travailler d’arrache pied. C’est ce qu’il s’est passé sur mon 3ème album. Quand Money Mark a accepté de travailler dessus, il me manquait beaucoup de titres et en deux semaines j’ai du écrire 5 chansons de plus. Et ça a été une sorte de révolution, car je les considère comme les meilleures de l’album. J’ai compris que ça ne servait à rien d’attendre l’inspiration. Et je vais faire pareil pour le prochain album. Je vais fixer des dates d’enregistrement et me mettre à travailler. Récemment, j’ai écrit une chanson pour le projet « Bushwick Book Club » à Los Angeles. Ce devait être une chanson en relation avec le livre d’un auteur qui vient présenter son roman. On m’a demandé de faire ça à la dernière minute et j’ai adoré. »

Les chansons de Rebecca ont toujours appartenu à l’esthétique Lo-Fi de la musique indé américaine. Mais est ce que l’aspect « Do it yourself » est toujours quelque chose qui lui convient ? « J’ai toujours travaillé en DIY. Mon premier album est sorti sur un très petit label, mais depuis j’ai toujours travaillé contre la montre, avec peu d’argent. C’est ma manière de faire. Mais je ne serais pas contre avoir un peu plus de temps et d’argent. Parfois on est un peu frustré sur quelques titres. Mais c’est comme ça. »

 

En tout cas, pas de frustration à l’écoute des chansons de Rebecca Schiffman, notamment de son dernier titre sorti, « Song for a writer », parfait condensé de pop lumineuse et de cascades mélodiques, avec cette manière de chanter toujours laid back mais tellement séduisante.

 

SOUS INFLUENCES DIVINES

 

« Plusieurs artistes m’ont beaucoup influencé. Syd Barrett, Robyn Hitchcock, Carly Simon, Françoise Hardy, Gram Parsons. Je préfère les artistes solos car j’ai l’impression que leur travail est plus intime. Sauf les Kinks. J’adore aussi John Cale. Je connecte plus avec lui dans le Velvet. Et aussi Ted Leo et Jeffrey Lewis que j’adore. Et les Clash, surtout les chansons de Mick Jones. J’aime toujours les seconds dans les groupes en fait. Burt Bacharach est aussi l’un de mes héros. Il a écrit tellement de chansons cool avec Hal David. Les arrangements sont incroyables, mais les mélodies se tiennent toute seule sans besoin de rien d’autre.

L’un des livres qui m’a le plus marqué est « A rebours » de Huysman. Et plus récemment « I am a cat » de Natsume Sōseki. J’aime les livres où il ne se passe pas grand chose. J’aime juste que les auteurs me racontent ce qu’ils ont dans la tête.

Au cinéma, j’adore « Crimes et délits » de Woody Allen. Et beaucoup de ses films. Quand j’étais à l’Université, j’ai vu « La jetée » de Chris Marker et ça m’a tellement impressionné.

Par contre, je n’ai jamais été très impressionnée par les acteurs. Je vois toujours un mec maquillé qui joue un rôle et, je n’aime pas beaucoup ça. »

 

Rebecca Schiffman, Nouveau titre « Song for a writer » disponible.

 

 

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