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Pas de plan pour Damien Rougier

May 24, 2018

 

Les influences eighties dans la pop n’en finissent plus d’irriguer la musique made in France depuis le premier album matrice de Yelle sorti en 2007 qui ressuscitait  à la fois Lio et Gotainer. Depuis, de Fishback à François Club, de Cléa Vincent à Kavinsky, des courants parfois contraires mais toujours référencés sont légions dans les productions indés hexagonales. Damien Rougier ne fait pas exception à la règle. Son premier album « Light at your window » sorti en 2015 en était le parfait exemple : « « Dangerous » de Michael Jackson a été le point de départ de ce que je voulais faire, notamment dans un titre comme « The nightime ». Et puis Depeche Mode, mais j’assumais moins cette référence. »

 

Damien Rougier, parisien trentenaire, slasher (musicien versus réalisateur) et diplomé des beaux arts, est tombé dans la matrice dés son plus jeune âge. « Mon père était très branché tech quand j’étais enfant et il me ramenait souvent des synthés, des machines, et j’ai commencé à faire de la musique en boucle. Après j’ai fait du saxo vers 13 ans, et j’ai eu ensuite cubase sur un mac, c’est comme ça que j’ai réellement commencé à faire de la production. »

 

 

La production, la grande affaire des musiciens de chambre électro qui n’ont plus besoin de grands studios pour trouver le son qu’ils veulent développer. « J’ai commencé la musique en groupe. Mais comme je suis maniaque, j’ai préféré les boites à rythme et la musique de studio. Je me suis un peu forcé à aller vers la synthpop, un peu eighties pour canaliser mes impulsions musicales qui partaient un peu dans différents styles, du jazz à la chanson. Et c’est comme ça que j’ai trouvé mon son. »

 

Mais cette apparente facilité technique n’enlève pas les doutes inhérents à la création, ce que Damien confirme : « J’ai mis du temps à écrire et arranger mon premier album. J’ai passé ensuite pas mal de temps à trouver le son, le mix, les grilles d’accords. Et je pense que les gens, malgré ce qu’on dit, sentent l’imperceptible quand ils écoutent de la musique, même s’ils ne s’en rendent pas compte. »

 

 

Son nouveau titre, « No plan », annonce une collection de chansons qu’il va égrener jusqu’à la rentrée pour former un nouvel EP. Le son, toujours influencé par les sonorités 80 est dans la continuité de son premier album. « « No plan », c’est une chanson d’amour, de rupture, plus down tempo que ce que j’ai fait auparavant. « Light at your window » était plus ramassé, plus homogène, un peu dans une même couleur. Je vais essayer de varier un peu plus sur mes prochains projets. »

 

Toujours en anglais, les chansons de Damien Rougier se cachent derrière la langue de Shakespeare, en attendant de futurs titres en français : « Chanter en anglais est plus évident pour moi. Je suis un peu timide, et c’est un joli masque de chanter en anglais. Et puis je crois qu’on fait un peu la musique qu’on écoute, et comme j’écoute plus Michael Jackson que Darius Milhaud, je chante en anglais.»

 

 

En revanche, Damien en tant que réalisateur, soigne autant le son que l’image. Du clip en rotoscopie « Tomorrow », qui rappelait un peu le « Take on me » de A-Ha, aux natures mortes soignées du duo Antinomia qui signe le clip de « No plan », ses vidéos accompagnent parfaitement les sons. Peut être l’héritage de son parcours aux Beaux-Arts ? « Faire les Beaux-Arts m’a beaucoup aidé à m’apaiser, à ne pas juger les œuvres artistiques, et surtout à ne plus me mettre en colère quand je vois un truc que je n’aime pas ou une chanson que je trouve nulle. C’est pas méchant, c’est que de la musique ou de la peinture ».

 

Ce grand fan de Radiohead et Bowie a en tout cas trouvé le bon équilibre entre sa production musicale léchée et des refrains entêtants, immédiatement catchy. Comme si Air produisait les chansons de Stock, Aitken et Waterman. Toujours eighties, mais pas trop.

 

SOUS INFLUENCES DIVINES

 

 

"David Bowie et Radiohead. « Blackstar » m’a complètement bouleversé, en particulier ce titre. Et « In rainbows » est hallucinant. « Le manteau de pluie » et « Cheyenne Autumn » de Jean-Louis Murat. Il m’épate tout le temps. Et il évolue constamment, son dernier album le prouve. J’aime aussi Mathieu Boogaerts. J’aime les sons, les voix et la parcimonie dans sa musique. Il m’impressionne beaucoup et me donne envie de faire de la musique. Et « Magnum » de Katerine. C’est l’exemple de la liberté, et il donne beaucoup d’espoir aux artistes je trouve. On a le droit de faire ce qu’on veut en musique, et il le prouve.

J’aime beaucoup « Les apprentis » de Pierre Salvadori. C’est un film que je connais par cœur depuis que j’ai 14 ans. Je l’ai vu plein de fois, et cette vie me faisait un peu fantasmer. Et puis la mise en scène et la lumière sont géniales. Je suis fou dingue d’Isabelle Huppert, notamment dans « Madame Bovary et « La pianiste ».  Elle a une personnalité qui m’attire.

En photo, j’aime beaucoup Jeff Wall et Thomas Ruff qui m’ont beaucoup marqué. J’ai souvent méprisé les photographes. Je me disais qu’il fallait juste appuyer sur un bouton, mais ils prouvent tout le contraire avec leur travail."

 

 

Nouveau titre "No plan" disponible

Clip "no plan" à voir ici

 

 

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