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Sarah Blasko, la pop des antipodes

May 9, 2018

Sarah Blasko est une chanteuse Australienne. Moins connue ici que dans son Australie natale, elle sort pourtant déjà son 6ème album « Depth of field », très beau recueil de popsongs intimistes : « C’est vrai que j’ai fait la majeure partie de ma carrière en Australie, mais j’ai vécu en Angleterre, à Stockholm, et j’ai enregistré ma musique à plusieurs endroits. ».

 

Membre d’une fratrie de chanteuses conteuses des états sentimentaux (d’Emiliana Torrini à Roisin Murphy en passant pas Austra ou Agnes Obel), Sarah Blasko s’inscrit dans le sillage que Kate Bush a inauguré: « Je me sens assez proche des artistes suédois ou scandinaves, leur mélancolie. J’aime les artistes qui chantent avec des fêlures dans la voix. J’ai longtemps voulu chanter parfaitement, mais dès que j’ai commencé à écouter Bjork, PJ Harvey ou Kim Gordon, des gens qui s’exprimaient par et pour eux même, ça m’a parlé. »

 

Dans la droite lignée de son album précédent « Eternal return », « Depth of field » prolonge les ambiances sonores des pianos teintées de cordes synthétiques et de sons plus électro : « Je ne croit pas que mes chansons soient électro. Il y a des batteries électroniques certes, mais jouées par un batteur, il y a des synthés, mais c’est juste moi qui utilise ces claviers. La musique électronique est plus compliquée que ce que je fais à mon sens. J’aime utiliser certains sons, mais d’une manière facile, élémentaire. Mais je n’ai jamais eu l’intention de faire de la musique électro. »

 

 

Ce dernier disque occupe t’il un place différente dans sa discographie ? « Il est à la jonction de plusieurs choses. Sur mes premiers albums, je ne voulais utiliser que des instruments acoustiques, et ensuite j’ai eu envie d’essayer autre chose en enregistrant deux albums avec d’autres influences, plus jazz. Sur « Eternal Return », j’ai acheté un clavier et j’ai eu envie d’essayer de nouveaux sons Sur ce dernier album, je voulais combiner un peu tout ça. Je dirais que c’est un disque de changement. C’est toujours difficile de savoir ou on  en est. J’ai plus confiance en ma voix. D’ailleurs, Je voudrais enregistrer mon prochain album complètement seule. »

 

Sarah Blasko assure la production de l’album, très homogène, qui alterne entre soul blanche (« Never let me go »), acmés pop (« Heaven sent ») et ambiance plus sombre (le déchirant « a shot ») : « J’aime travailler avec des producteurs, mais produire sa musique soi-même est la suite logique de l’écriture. Je trouve que le processus créatif  avec un réalisateur est plus stressant. Travailler avec les musiciens est pour moi plus simple et plus gai. C’est finalement au mix que l’album se fait réellement, c’est là que tout peut changer. »

Et revient la sempiternelle question de la légitimité technique et créative des artistes femmes, souvent remise en question par les hommes : « Cela arrive souvent. C’est toujours surprenant d’ailleurs. Ce sont mes chansons, mon album, j’ai évidemment un point de vue sur le processus à adopter. Je sais ce que je veux, il suffit juste de s’entourer des bonnes personnes pour le faire. »

 

Plusieurs fois primés en Australie, les albums de Sarah Blasko dessinent un univers feutré qui contraste avec ceux des artistes australiens qui nous arrivent ici, comme ceux de sa consoeur Courtney Barnett. « La scène australienne est très variée. Je respecte beaucoup Courtney Barnett, on a d’ailleurs le même manager. J’aime aussi beaucoup une artiste qui s’appelle Olympia. J’adore son premier album. » La relève est assurée.

 

 

 

SOUS INFLUENCES DIVINES

 

«  Kate Bush, Bjork, PJ Harvey ont été de grandes influences pour moi. Talking Head et David Byrne aussi, particulièrement « Stop making Sense », le film de leur concert de 1984 parce que c’est tellement généreux. C’est comme une pièce de théâtre.

J’adore Michel Gondry. Il voit les choses de manière unique. J’aime ce mélange d’artisanat et de technique. J’adore « Eternal Sunshine » mais aussi « Be kind, Rewind ». Il y a une sorte d’innocence et de surréalisme qui me parle. Il est le seul artiste, avec Patti Smith, qui mérite d’être suivi sur Instagram.

Et puis les classiques en littérature. Jane Austen et Shakespeare. J’ai étudié Shakespeare avec une professeure qui nous a rendu amoureux de son œuvre, nous a aidé à comprendre cet univers. C’est de la poésie, tellement dense. Il est très inspirant pour les songwriters avec tous ces monologues si musicaux. Cela m’épate toujours. »

 

 Album "Depth of field" disponible

En tournée actuellement

Toutes les dates sur www.sarahblasko.com

 

 

 

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