Texte et photos Nicolas Vidal

Il est des moments et des instants pop dont on se souvient plus longtemps à cause des événements de la vie auxquels ils sont associés. Le premier concert vu après les attentats du Bataclan par exemple (Brigitte dans mon cas). Ou le dernier concert d’un artiste aimé (Bashung quelques semaines avant sa mort).

La soirée SoooPop de dimanche dernier (talk show et soirées à la programmation très French pop présentés par Cléa Vincent produits par la Loge) est le premier concert auquel j’assistais depuis la fin du confinement. Le premier concert masqué, en petit comité mais à l’extérieur, qui réunissait quelques uns des artistes pop les plus emblématiques de cette scène française malmenée par un virus, mais qui résiste, travaille, cherche, donne.

Clara Ysé, PR2B, Hervé, Pomme, CléaVincent et Juliette Armanet représentent plus que bien la vitalité de la pop en France, entre indépendance et DIY, entre variété chic et chanson urbaine, entre folk intimiste et pop pure.

Clea Vincent, maîtresse de cérémonie et « chanteuse de pop » comme elle s’est présentée, est la parfaite incarnation de cette scène. Toujours juste et touchante, elle est probablement l’artiste la plus fédératrice de ce mouvement pop, éclairant de ses mots justes l’écoute attentionnée d’un public ravi d’assister à ce moment privilégié de découvertes et de retours.

La grande Clara Ysé et ses envolées lyriques, comme une Barbara aux mélopées synthétiques. La ferveur de PR2B et ses mots qui cognent. Hervé et ses hymnes pop parfaits dont on a déjà dit le plus grand bien sur Faces. Pomme et ses mélodies qui vont droit au coeur. La fée Clea Vincent et ses popsongs parfaites. Et enfin le retour de Juliette Armanet, intense et visiblement émue de retrouver un vrai public, comme ses collègues et ami.e.s. « Si c’est comme ça, ce sera bien aussi » déclarait d’ailleurs Pomme après son set, visiblement ravie, même devant un public restreint que son récent succès avait amené dans des salles plus grandes.

Et puis quelques duos qui ont égrené la soirée : Juliette Armanet et Clara Ysé sur le magnifique « le monde s’est dédoublé » de cette dernière, mais surtout le « Désenchantée » de Mylène Farmer repris par Pomme et PR2B, comme un mantra sombre et pop qui résumait assez bien cette soirée, entre tradition française et renouveau électro, hymne inattendu et réjouissant malgré tout de cette rentrée particulière. Car voilà que la musique pop se fait militante et résistante, intime et nécessaire finalement. Merci la pop. Et Merci aux chanteuses et chanteurs de pop de continuer, malgré tout.